PNUE : le financement de l’adaptation reste loin des besoins de 2035, avec des tendances différentes selon les méthodes
Les chiffres du financement public international de l’adaptation en 2024 varient selon la méthode. Besoins futurs, inflation et objectifs ne sont pas des fonds déjà versés.
Par 全球伯乐 News
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Mangroves d’Ao Thalane, dans la province de Krabi, en Thaïlande, le 8 juin 2018. Photo d’archives illustrant l’adaptation écologique, hors d’un projet présenté dans le rapport du PNUE. Photo: Christophe95 · CC BY-SA 4.0.
Deux méthodes de comptabilisation, pas une marge d’erreur autour d’un chiffre
Le Programme des Nations unies pour l’environnement a publié le 4 novembre son Adaptation Gap Report 2026, soulignant l’écart persistant entre les besoins d’adaptation des pays en développement et le financement public international. Pour 2024, ce financement des pays développés vers les pays en développement est chiffré à 28,2 ou 31,7 milliards de dollars selon la méthode de comptabilisation. La fourchette de 28,2 à 31,7 milliards n’est pas un intervalle de confiance autour d’une seule statistique. L’ensemble de ces sommes ne doit pas non plus être décrit comme déjà reçu ou dépensé par les bénéficiaires.12
Avec l’approche du rapport, dite AGR, fondée sur les engagements et exprimée en prix constants de 2024, le montant baisse de 30,4 à 28,2 milliards de dollars. Avec la méthode de l’OCDE, il augmente de 30,7 à 31,7 milliards. La hausse d’environ un milliard ne concerne donc que cette seconde méthode. Comparer les tendances suppose de conserver la méthode et la base de prix, plutôt que de retenir le chiffre le plus élevé comme preuve de progrès.2
Comparer les besoins de 2035 sur une même base de prix
À partir des plans nationaux et de modèles, le rapport situe son estimation centrale des besoins annuels d’adaptation des pays en développement en 2035 à 305 milliards de dollars aux prix de 2024. Ce montant couvre surtout des activités nécessitant des fonds publics ou des financements mixtes publics et privés ; l’adaptation des acteurs privés pour leurs propres besoins reste insuffisamment prise en compte. Il s’agit de besoins futurs estimés, pas d’une dotation annuelle arrêtée. Soustraire directement le financement de 2024 ne permet pas d’établir un déficit certain pour une même année.2
Les dépenses d’adaptation réduisent les effets climatiques déjà présents ou difficiles à éviter, notamment par la protection contre les inondations, des infrastructures résistantes à la chaleur, l’alerte précoce et la protection des écosystèmes. Elles relèvent d’une catégorie différente des investissements d’atténuation visant à réduire les émissions. L’ambition internationale examinée est de porter le financement de l’adaptation à au moins trois fois son niveau de référence d’ici 2035, non de l’augmenter de 300 %, et encore moins de constater des versements déjà effectués. Selon la base retenue, le montant annuel nominal pourrait atteindre 85 à 120 milliards de dollars en 2035.12
Avec une hypothèse d’inflation annuelle de 3 %, le pouvoir d’achat de 305 milliards de dollars de 2024 correspondrait à environ 420 milliards en 2035. Les 85 à 120 milliards couvriraient donc environ 20 à 29 % des besoins estimés de cette année-là. Cette comparaison rapproche les fonds futurs des besoins exprimés en prix futurs ; ignorer l’inflation et diviser directement par 305 milliards change le sens des proportions.2
La capacité de mise en œuvre compte autant que les montants
Le financement n’est qu’une condition de réalisation. Coordination entre secteurs, capacité d’exécution locale, gestion financière et accès aux projets déterminent si les budgets deviennent une protection concrète. Le rapport cite environ 2,8 milliards de dollars de demandes au premier cycle du fonds pour les pertes et préjudices, contre 342 millions initialement disponibles. Cela montre une pression sur cette enveloppe, mais ne permet pas d’extrapoler un déficit mondial : l’ensemble des besoins mondiaux en matière de pertes et préjudices reste inconnu.1
Les questions à suivre sont la vitesse de croissance du financement, son arrivée dans les zones à haut risque et la réduction effective des pertes grâce aux projets. Modèles et scénarios délimitent les estimations futures, tandis que les méthodes de comptabilisation conditionnent la comparaison des montants actuels. Suivre les allocations vérifiables, l’exécution et les résultats est plus instructif que de présenter les ambitions internationales de financement comme des réalisations acquises.
Notes et sources
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2026-11-04 · As world heads for overshoot of 1.5°C, adaptation is too slow · Programme des Nations unies pour l’environnement ↩ ↩2 ↩3
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2026-11-04 · Adaptation Gap Report 2026 · Programme des Nations unies pour l’environnement ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5


