Énergie et industrie / / 6 min de lecture

Le directeur de l’IRENA prévoit un ralentissement des nouvelles capacités : les réseaux et la flexibilité deviennent décisifs pour les renouvelables

Le record de l’année précédente sert de référence, mais transformer la croissance des capacités en électricité utilisable dépend aussi des réseaux et de la flexibilité du système.

Par 全球伯乐 News

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Le 27 octobre, le directeur de l’IRENA a déclaré à Reuters prévoir moins de nouvelles capacités renouvelables en 2026 qu’en 2025, sous l’effet des contraintes de réseau et des obstacles commerciaux.1 Il s’agit d’une appréciation sur une année encore en cours, non de statistiques mondiales définitives.

Photo d’archives du parc éolien de Kanyakumari, en Inde.

Photo d’archives : parc éolien de Kanyakumari, en Inde. Wind farm Kanyakumari, photographie : Roshan Gracious ; CC BY 4.0.

Un record fournit une référence, pas le résultat de cette année

Selon les statistiques 2026 de l’IRENA sur les capacités renouvelables, les ajouts nets mondiaux ont atteint environ 692 gigawatts en 2025, portant le total de fin d’année à quelque 5 149 gigawatts. Le solaire a ajouté environ 511 gigawatts et l’éolien 159 gigawatts.2 Les ajouts mesurent l’évolution sur une année, tandis que le total mesure le parc à la fin de l’année ; les deux ne sont pas interchangeables.

Ces chiffres ne mesurent pas non plus la production d’électricité. Pour la plupart des pays et des technologies, les statistiques retiennent les capacités installées et raccordées à la fin de l’année ; elles ne doivent pas être interprétées comme incluant tous les projets en attente de raccordement. La capacité décrit la puissance nette maximale des équipements, alors que l’électricité effectivement produite et utilisée sur une période dépend encore des ressources disponibles, du fonctionnement des installations et de la capacité du système électrique à accueillir cette production. Ainsi, même avec de nombreux équipements supplémentaires, le système peut avoir du mal à utiliser pleinement leur production à certains moments ou endroits. Inversement, mieux utiliser les équipements existants peut apporter un bénéfice réel indépendamment des nouvelles capacités.

Une baisse éventuelle des ajouts annuels ne répond donc qu’à une question sur le rythme de l’expansion. Elle ne permet pas, à elle seule, de juger que les projets se dégradent dans toutes les régions, ni de démontrer que toutes les technologies ralentissent simultanément. Au-delà du total annuel, il faut examiner les évolutions selon les régions, les technologies et les étapes des projets, sans effacer les différences derrière un chiffre global.

Production et réseau doivent être prêts selon un calendrier commun

Dans ses travaux sur la flexibilité du système électrique, l’IRENA la présente comme un ensemble de capacités permettant de répondre aux variations de l’offre et de la demande et de maintenir un fonctionnement fiable, plutôt que comme la simple construction d’un type d’équipement supplémentaire. Production, stockage, adaptation de la demande et connexions au réseau peuvent tous y contribuer, mais ils ne répondent pas aux mêmes problèmes ni aux mêmes conditions.3

Cette distinction aide à comprendre les contraintes qui pèsent sur l’expansion des capacités. L’achèvement d’une éolienne ou l’installation de panneaux ne représente qu’une partie du travail du côté de la production : l’électricité doit encore parvenir au bon moment là où elle est demandée. Une capacité insuffisante des lignes, des travaux de raccordement inachevés ou une organisation inadéquate de la conduite du système peuvent empêcher de transformer pleinement la capacité des équipements en électricité livrable. Développer les capacités industrielles ne supprime pas automatiquement ces contraintes de système.

Pour les développeurs, l’avancement d’un projet ne peut donc pas être évalué uniquement à partir des achats d’équipements et des travaux. Les conditions de raccordement, la responsabilité des ouvrages associés et la concordance entre la date de mise en service et la disponibilité du réseau influent toutes sur le moment où le projet apportera une offre effective. Cela ne signifie pas que tous les retards proviennent du réseau, mais montre qu’une planification séparée de la production et du réseau risque de sous-estimer leur interdépendance.

Le stockage ne remplace pas tout : la flexibilité repose sur une combinaison de moyens

L’étude souligne que différentes ressources peuvent fournir des services d’ajustement à différentes échelles de temps. Le stockage peut décaler l’utilisation de l’électricité dans le temps, les mesures portant sur la demande peuvent déplacer certains usages, et les réseaux interconnectés peuvent faciliter la coordination de l’offre et de la demande sur un territoire plus vaste.3 Ces moyens ne constituent pas une seule forme de capacité librement interchangeable : être efficace face à des variations de courte durée ne signifie pas pouvoir résoudre, à soi seul, toutes les contraintes persistantes ou géographiques.

Évaluer un renforcement du réseau ou un ajout de stockage exige donc de préciser d’abord la nature du goulet d’étranglement. Si le problème tient à un raccordement inachevé, améliorer l’efficacité des équipements ne le résoudra pas nécessairement ; si l’offre et la demande ne coïncident pas dans le temps, augmenter uniquement la capacité de production peut aussi être insuffisant. Un investissement efficace doit correspondre aux besoins réels du système, plutôt que poursuivre seulement l’augmentation du nombre d’équipements d’une catégorie donnée.

L’organisation du marché compte également. Les ressources capables d’apporter de la flexibilité ont besoin d’incitations adaptées et de modalités de participation leur permettant d’intervenir lorsque le système en a réellement besoin. Si l’IRENA traite conjointement de technologie, de planification et de mécanismes de marché, c’est précisément parce que posséder des équipements ajustables et obtenir effectivement un service de flexibilité fiable sont deux choses distinctes.3

Du volume de l’expansion à la qualité de la fourniture

Cette prévision rappelle au secteur qu’il faut suivre les raccordements, la conduite du système et l’utilisation des équipements en même temps que les capacités nouvellement installées. Il ne faut toutefois pas interpréter une contrainte particulière comme l’arrêt de l’ensemble de la transition énergétique, ni préjuger des statistiques de l’année entière.

Le suivi le plus utile consistera à examiner ensemble l’évolution des capacités, l’avancement des raccordements, le fonctionnement effectif et le développement de la flexibilité. C’est ainsi que l’on pourra distinguer un changement temporaire du rythme de construction, des contraintes locales du système et des problèmes d’investissement plus durables. La prochaine dimension de la concurrence dans les renouvelables ne porte pas seulement sur ce qu’il est possible de construire, mais sur la transformation des capacités supplémentaires en électricité fiable et abordable, au moment et à l’endroit où elle est nécessaire.

Notes et sources

  1. 2026-10-27 09:54 UTC · World to add less clean energy capacity this year, renewables agency chief says · Reuters. ↩

  2. 2026-03 · Renewable capacity statistics 2026 · © IRENA 2026 ; adaptation et traduction selon les conditions de réutilisation avec attribution de cette publication, hors contenus de tiers. ↩

  3. 2026-01 · Flexibility for a secure and affordable power sector transformation · IRENA, Abou Dhabi ; © IRENA 2026 ; adaptation et traduction selon les conditions de réutilisation avec attribution de cette publication, hors contenus de tiers. ↩ ↩2 ↩3