Actualités / 9 oct. 2026 / 5 min de lecture

Pékin réaffirme son opposition aux dévaluations compétitives, sur fond de débat commercial avec l’Europe

La banque centrale chinoise dit ne pas fixer de cible de change et prévoit des déclarations supplémentaires au FMI à partir de 2027. Les préoccupations européennes sur les déséquilibres commerciaux restent ouvertes.

GBN

Par Global Bole News

Compilation des sources

Illustration générée par IA : une balance, des disques sans inscription et des éléments de transport maritime évoquent les changes et le commerce international ; aucune monnaie, institution ou scène d’actualité réelle n’est représentée.
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La Banque populaire de Chine a publié le 8 octobre sa position sur le renminbi, réaffirmant que la Chine ne pratique pas de dévaluation compétitive pour obtenir un avantage commercial. Elle prévoit également de transmettre davantage de données relatives aux changes au Fonds monétaire international à partir de 2027. Cette déclaration intervient alors que le débat européen sur l’excédent commercial chinois et la valorisation du yuan s’intensifie. Elle précise des principes tout en préservant la possibilité de mouvements dans les deux sens, sans définir une trajectoire future d’appréciation ou de dépréciation.12

Illustration générée par IA : une balance, des disques sans inscription et des éléments de transport maritime évoquent les changes et le commerce international ; aucune monnaie, institution ou scène d’actualité réelle n’est représentée.

Illustration générée par IA : une balance, des disques sans inscription et des éléments de transport maritime évoquent les changes et le commerce international ; aucune monnaie, institution ou scène d’actualité réelle n’est représentée.

Pas de cible de change, mais une marge d’action face aux désordres

Le texte décrit le régime chinois comme un flottement administré fondé sur l’offre et la demande du marché, avec référence à un panier de monnaies. Il insiste sur le rôle décisif du marché. La banque centrale affirme ne pas fixer de niveau cible, ne pas intervenir sur la tendance de long terme et avoir cessé les interventions courantes sur les changes après 2017.1

Cette position conserve toutefois une place aux mesures de stabilité financière. Selon la banque, des chocs externes majeurs peuvent justifier des outils macroprudentiels et une orientation des anticipations, voire une intervention directe dans des circonstances extrêmes. L’objectif annoncé est d’éviter que de fortes variations à court terme, notamment une dépréciation rapide, ne déstabilisent la finance. L’absence de cible ne signifie donc pas une absence totale d’influence publique ; inversement, prévenir les mouvements excessifs ne garantit aucun cours particulier.1

Deux variations mentionnées dans les publications doivent aussi être distinguées dans le temps. La banque fait état d’une appréciation d’environ 9 % face au dollar depuis le début de 2025 ; Reuters rapportait le même jour une hausse d’environ 4 % depuis le début de 2026. Leurs points de départ différents ne permettent pas de les traiter comme des chiffres contradictoires pour une même période. La banque avertit par ailleurs que des facteurs d’appréciation comme de dépréciation subsistent et rendent l’avenir incertain.12

Les préoccupations européennes et l’explication chinoise restent éloignées

Selon Reuters, le responsable européen du commerce, Maroš Šefčovič, se trouvait à Pékin pour discuter d’une réduction du déficit commercial de l’Union avec la Chine. L’agence cite des données européennes qui portent ce déficit à 360,6 milliards d’euros en 2025, soit une hausse de 15 % sur un an. Le débat européen relie la valorisation du yuan aux pressions de la concurrence importée. La banque centrale chinoise met plutôt en avant la compétitivité industrielle et refuse de ramener les difficultés structurelles d’autres économies aux seuls taux de change.2

Un chiffre de change isolé ne peut trancher ce désaccord. Le taux nominal bilatéral exprime le prix d’une monnaie dans une autre ; le taux effectif mesure son évolution face à un panier de partenaires ; le taux réel tient aussi compte des prix relatifs. Une hausse du yuan face au dollar ne suffit donc pas à établir comment la compétitivité face aux biens européens a évolué, ni à valider ou invalider automatiquement tous les modèles d’évaluation.

Le texte rejette l’utilisation d’estimations de modèles particuliers comme preuve définitive d’une sous-évaluation du yuan et rappelle le rôle des flux de capitaux, des anticipations, de la politique monétaire et des risques. Il s’agit de l’interprétation de la banque centrale, à distinguer des évaluations d’institutions de marché ou de responsables européens. Quelle que soit la méthode retenue, l’analyse des déséquilibres commerciaux doit aussi couvrir la demande, la structure industrielle et les mouvements transfrontaliers de capitaux.1

Davantage de données constitue une prochaine étape observable

Par rapport aux déclarations de principe, l’élargissement des transmissions de données de change au FMI à partir de 2027 comporte une échéance concrète. Le document rappelle que la Chine publie depuis 2016 des données de balance des paiements et de change selon la norme spéciale de diffusion des données du FMI. Il ne détaille cependant pas les nouvelles catégories à transmettre. L’apport d’information dépendra des publications ultérieures.1

Une transparence accrue peut offrir une base documentaire plus commune aux discussions. Elle ne modifie pas automatiquement les droits de douane et ne signifie pas qu’un accord commercial sino-européen a été conclu. La banque appelle aussi à développer la demande intérieure, améliorer l’environnement des entreprises et approfondir l’ouverture pendant le plan quinquennal 2026–2030. Un rééquilibrage durable dépendra de l’application de ces politiques et des résultats concrets des échanges entre la Chine et l’Union européenne.1

L’effet immédiat de cette déclaration est de préciser les limites de l’action publique : formation des prix par le marché, fluctuations dans les deux sens et prévention des désordres de court terme coexistent. La suite devra être appréciée à partir des données transmises, de la demande et des négociations, sans transformer une position de principe en trajectoire de change promise d’avance.

Notes et sources

  1. 2026-10-08 · Position de la Banque populaire de Chine sur le taux de change du renminbi · Banque populaire de Chine. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7

  2. 2026-10-08 · La Chine défend sa politique du yuan alors que l’Europe accentue la pression sur son excédent commercial · Reuters, repris par AOL ; mise à jour le même jour. ↩ ↩2 ↩3