Zelensky annonce davantage de frappes contre les raffineries russes ; les attaques contre les ponts de Kyiv soulignent les risques pour les infrastructures
Zelensky annonce une intensification des frappes contre les raffineries russes, alors que les ponts de Kyiv subissent des attaques répétées. Déclarations publiques, dommages réels et effets sur les civils doivent être vérifiés séparément ; on ne peut pas encore en déduire les variations de capacité ou des prix pétroliers.
Par Global Bole News
Compilation des sources

Dans un entretien accordé à Reuters le 3 octobre, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que l’Ukraine intensifierait ses frappes contre les installations de raffinage russes en réponse à ce qu’il décrit comme une extension des attaques aériennes russes contre les villes ukrainiennes, tout en soulignant qu’elle ne viserait pas indistinctement des cibles civiles. Il a affirmé que les services de renseignement ukrainiens détenaient un document sur une nouvelle doctrine d’attaque russe ; ce document et son contenu n’ont pas encore fait l’objet d’une vérification indépendante dans les informations publiques.1
Les dégâts aux ponts perturbent le fonctionnement de la ville
Ces déclarations interviennent alors que les infrastructures de transport de Kyiv subissent des attaques répétées. Selon The Kyiv Independent, le pont Nord, qui franchit le Dniepr, a été touché par une attaque russe à l’aube du 3 octobre. Le maire Vitali Klitschko a indiqué que le tablier et les lignes aériennes des trolleybus avaient été endommagés, que deux personnes avaient été blessées et que la circulation avait été temporairement interrompue. Le pont Sud avait auparavant lui aussi subi plusieurs attaques de drones. Au moment de la publication, l’ampleur complète des dommages au pont Nord restait incertaine ; une interruption de la circulation ne doit pas être assimilée à la destruction de l’ouvrage.2
Les effets d’une attaque contre un pont ne dépendent pas uniquement de l’ampleur des dégâts structurels. Les deux rives de Kyiv dépendent des franchissements du fleuve pour les déplacements quotidiens et le transport ; même si l’ouvrage demeure debout, les fermetures temporaires et les restrictions de circulation durant les alertes perturbent le fonctionnement de la ville. Un expert en aéronautique interrogé par le journal estime que ces frappes pourraient viser à entraver la circulation, désorganiser la logistique et exercer une pression psychologique. Il s’agit de son analyse des intentions de l’attaque, et non d’objectifs opérationnels confirmés par la Russie.2
Annoncer une riposte ne signifie pas que les dommages sont vérifiés
Zelensky a lié l’intensification envisagée des frappes contre les installations de raffinage aux sources de financement de la guerre russe. Reuters rapporte que le Kremlin n’a pas pu fournir de commentaire ce jour-là ; dans une déclaration appelant les étrangers à quitter Kyiv, le ministère russe des Affaires étrangères a toutefois annoncé la poursuite de ce qu’il qualifie de frappes de représailles. La Russie et l’Ukraine nient toutes deux viser délibérément les civils.1 Les expressions « nouvelle doctrine », « représailles » et les justifications du choix des cibles doivent donc rester explicitement attribuées à leurs auteurs respectifs.
Les attaques ukrainiennes contre les installations pétrolières russes ne se limitent pas à cette nouvelle déclaration. Dans un communiqué du 2 octobre, le Service de sécurité d’Ukraine affirme avoir frappé, avec d’autres forces, quatre sites d’infrastructure pétrolière dans les régions de Samara et de Volgograd, dont des stations de pompage et la raffinerie de Volgograd, et fait état d’incendies sur place.3 Ce communiqué établit que l’Ukraine a publiquement revendiqué ces opérations, mais ne suffit pas à démontrer l’ampleur réelle des dégâts sur tous les sites, la durée des arrêts ou les pertes de production.

Illustration : visuel accompagnant le communiqué du Service de sécurité d’Ukraine du 2 octobre 2026, annonçant des frappes contre des installations pétrolières russes avec d’autres forces. Le texte de l’image présente les déclarations ukrainiennes ; il ne s’agit pas d’une photographie des dégâts sur place. Source et autorisation : Service de sécurité d’Ukraine (SBU), communiqué original, CC BY 4.0.3
Les conséquences civiles des attaques contre l’énergie ne peuvent pas être ignorées
Les frappes contre les installations énergétiques soulèvent aussi des questions juridiques et humanitaires auxquelles les déclarations politiques ne peuvent pas se substituer. Selon une analyse de conseillères juridiques du Comité international de la Croix-Rouge, il faut déterminer au cas par cas si une infrastructure énergétique constitue un objectif militaire ; même lorsqu’une installation a un usage militaire, une attaque reste soumise au principe de proportionnalité et aux obligations de précaution. Les dommages indirects raisonnablement prévisibles qu’une interruption d’électricité pourrait causer aux services d’eau potable, de santé ou d’assainissement doivent également entrer dans l’évaluation.4
Déclarer que l’on ne vise pas les civils ne démontre donc pas automatiquement qu’une frappe précise ne leur causera aucun dommage ; riposter à une attaque ne dispense pas non plus de ces obligations. Évaluer l’escalade actuelle suppose ainsi d’examiner conjointement les cibles, les dommages réels et les capacités de rétablissement. On ne peut ni mesurer l’effet militaire à partir des seules images d’incendie, ni écarter l’examen des fonctions civiles d’une installation sous prétexte qu’elle est qualifiée de « stratégique ».
Pour la suite, deux évolutions liées seront déterminantes : la capacité des ponts et autres équipements publics de Kyiv à retrouver un fonctionnement stable, et l’ampleur des conséquences durables sur les installations pétrolières frappées en Russie. Faute de données vérifiées sur les arrêts, les réparations et les marchés, cette déclaration ne permet pas encore de calculer une variation du prix du gazole ou des cours mondiaux du pétrole. Ce qui peut être confirmé, c’est la poursuite des affrontements et des menaces publiques autour des infrastructures, ainsi que la nécessité de continuer à suivre les risques pesant sur les habitants et les systèmes énergétiques.
Notes et sources
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Reuters, Daniel Flynn et Olena Harmash, repris par MarketScreener, Ukraine will hit Russian refineries in response to Moscow's 'new doctrine' of airstrikes, Zelenskiy says, 3 octobre 2026, publié à 12:02 EDT et mis à jour à 16:25 EDT. ↩ ↩2
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The Kyiv Independent, Dmytro Basmat et Jonas Heins, Russia strikes second Kyiv bridge during 3rd straight day of infrastructure attacks, 3 octobre 2026 à 07:53. ↩ ↩2
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Service de sécurité d’Ukraine (SBU), СБУ спільно із іншими складовими Сил оборони уразила важливі нафтоб’єкти рф: НПЗ, нафтоперекачувальні та нафтозмішувальні станції — le Service de sécurité ukrainien affirme avoir frappé, avec d’autres composantes des forces de défense, des raffineries ainsi que des installations de pompage et de mélange du pétrole en Russie —, 2 octobre 2026 à 11:45. ↩ ↩2
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Blog Droit et politiques humanitaires du Comité international de la Croix-Rouge, Eirini Giorgou et Abby Zeith, When the lights go out: the protection of energy infrastructure in armed conflict, 20 avril 2023. ↩

