Économie / 17 oct. 2026 / 9 min de lecture

Les ventes de détail américaines progressent de 0,8% en septembre : les stations-service représentent sept dixièmes de la hausse

Les ventes du commerce de détail et de la restauration aux États-Unis ont augmenté de 0,8% en septembre, mais de seulement 0,2% hors stations-service. Leur composition et les incertitudes statistiques nuancent le signal de demande.

Par Global Bole News

Compilation des sources

Partager
Sommaire

Les ventes du commerce de détail et de la restauration aux États-Unis ont continué d'augmenter en septembre. L'enseignement principal du rapport tient toutefois à la répartition de cette croissance. Selon les estimations avancées publiées le 15 octobre par le Bureau du recensement, elles ont atteint 745,0 milliards de dollars, en hausse de 0,8% sur un mois et de 6,3% par rapport à septembre 2025. Ces chiffres sont corrigés des variations saisonnières, des jours fériés et des différences de jours d'activité, mais pas des variations de prix. La marge d'erreur d'échantillonnage est de ±0,4 point de pourcentage pour l'évolution mensuelle et de ±0,5 point pour l'évolution annuelle, avec un niveau de confiance de 90%.1

Les ventes des stations-service ont progressé de 6,4% sur le mois, tandis que le total hors stations-service n'a augmenté que de 0,2%. Pour déterminer si la demande s'est renforcée largement, il faut donc examiner ensemble les montants, leur composition sectorielle et les prix. La composition sectorielle détermine les activités auxquelles le signal de croissance s'applique ; les prix et les quantités permettent de savoir s'il reflète des achats plus actifs.1

Présentoirs de céréales, d’huile et d’autres produits chez Walmart

Photo d’archives : des présentoirs en tête de gondole dans un Walmart de Wallkill, dans l’État de New York, le 3 avril 2017. Photographie: Daniel Case, “Endcaps at a Wal-Mart” / Wikimedia Commons; CC BY-SA 3.0.

Les stations-service concentrent l'essentiel de la hausse en dollars

Le tableau 1 fait passer les ventes totales du commerce de détail et de la restauration de 739,322 milliards de dollars en août à 745,021 milliards en septembre, soit une augmentation de 5,699 milliards. Sur la même période, les ventes des stations-service sont passées de 63,950 à 68,021 milliards de dollars, soit 4,071 milliards de plus. Le rapport entre ces deux variations attribue aux stations-service environ 71,4% de l'augmentation mensuelle totale en dollars. Il s'agit d'une décomposition arithmétique des chiffres officiels, et non d'une attribution causale publiée par le Bureau ; aucun intervalle de confiance distinct n'a été calculé pour cette proportion.1

Les autres secteurs ont néanmoins progressé dans leur ensemble : hors stations-service, les ventes sont passées de 675,372 à 677,000 milliards de dollars, soit environ 0,2%. En excluant uniquement les distributeurs de véhicules et de pièces automobiles, la hausse atteint 0,9%. En retirant à la fois ces distributeurs et les stations-service, elle revient à 0,2%. Les distributeurs de véhicules et de pièces ont eux-mêmes enregistré une progression de 0,2%. Les +0,9% hors automobile conservent la forte hausse des stations-service. L'exclusion des deux catégories éclaire mieux l'activité du reste du commerce de détail.1

Il faut aussi distinguer leur chiffre d'affaires du volume d'essence vendu. L'enquête classe les établissements selon leur activité principale ; les ventes d'une catégorie de commerces ne correspondent donc pas aux ventes nationales d'un produit particulier. Prix, quantités et composition des achats peuvent tous modifier les recettes des stations-service. Le rapport n'isole pas ces effets : les 71,4% ne peuvent être reformulés comme une contribution des prix du carburant à hauteur de 71,4% de la croissance des ventes.2

Vue d’archives des portes vitrées, des enseignes et du trottoir d’une concession Ourisman à Bethesda

Photo d’archives : l’entrée de la concession Ourisman Volvo et Volkswagen à Bethesda, dans le Maryland, le 26 mai 2024. Photographie: G. Edward Johnson, “Ourisman Volvo and VW Bethesda MD 2024-05-26 17-39-20 1” / Wikimedia Commons; CC BY 4.0. Mention de droits originale: Copyright 2024, G. Edward Johnson. CC-By Attribution.

Les secteurs hors stations-service évoluent différemment

Les estimations ponctuelles mensuelles corrigées font apparaître des progressions de 1,3% pour les magasins de meubles et d'équipement du foyer, de 0,6% pour l'électronique et l'électroménager, de 0,4% pour l'alimentation et les boissons, et de 0,7% pour les produits de santé et de soins personnels. Le commerce hors magasin gagne 0,3%, et les services de restauration et débits de boissons 1,1%. À l'inverse, les distributeurs de matériaux de construction et d'équipements et fournitures de jardinage reculent de 0,6% ; les magasins d'articles de sport, de loisirs, d'instruments de musique et de livres de 0,5% ; les magasins généralistes de 0,1% ; et les autres commerces de détail spécialisés de 3,0%. L'habillement et les accessoires sont stables à la précision publiée.1

Ces estimations ne signifient pas que chaque variation positive ou négative est statistiquement significative. Le Bureau précise que les écarts entre secteurs n'ont pas fait l'objet de tests de significativité. Classer mécaniquement les magasins de meubles, à +1,3%, devant ceux d'électronique, à +0,6%, comme preuve d'une meilleure performance négligerait les différences d'incertitude liées aux échantillons. Compter les secteurs en hausse plutôt que leur contribution monétaire ferait également abstraction de leur taille.1

Les comparaisons mensuelles et annuelles peuvent aussi donner des signaux opposés. Les magasins de produits de santé et de soins personnels ont progressé de 0,7% sur un mois, mais leurs ventes restent inférieures de 1,2% à celles d'un an auparavant. Les magasins de sport et catégories associées ont reculé de 0,5% sur le mois, tout en conservant une hausse annuelle de 9,6%. La variation mensuelle décrit le dernier mouvement, la variation annuelle situe les ventes par rapport à l'année précédente. Déterminer si un rebond devient un redressement, ou si une baisse se prolonge, exige plusieurs observations successives.1

Une hausse du chiffre d'affaires ne mesure pas nécessairement plus d'achats

Le rapport mesure des ventes en dollars courants. La correction saisonnière traite les rythmes récurrents et les différences de calendrier ; la correction des prix répond à une autre question, celle du pouvoir d'achat ou des quantités. Même après correction saisonnière, une hausse des prix peut faire augmenter les recettes. À l'inverse, une baisse des prix peut permettre de vendre davantage d'unités sans forte variation du montant total.12

Estimer la croissance réelle des ventes exige des prix correspondant aux catégories, aux pondérations et à la période de comparaison, plutôt qu'une simple soustraction de l'inflation globale aux 0,8%. Les aliments se vendent aussi hors des commerces alimentaires, et les autres produits passent par plusieurs circuits : chiffre d'affaires des magasins et consommation d'un produit ne se correspondent pas directement.2

Le périmètre comporte d'autres limites. Il s'agit d'estimations pour le commerce de détail et la restauration, et non de l'ensemble des dépenses de services. Le tableau 1 précise que les estimations actuelles portent seulement sur les entreprises ayant des salariés rémunérés. Avant la révision de référence publiée en avril 2025, les estimations avancées incluaient les entreprises sans salariés. Une analyse de long terme doit utiliser une série actualisée et cohérente, plutôt qu'assembler des chiffres issus de versions historiques incompatibles.1

La révision d'août relève le point de départ de septembre

Le Bureau a révisé la progression entre juillet et août de 1,1% à 1,3%, et la marge d'erreur correspondante de ±0,4 à ±0,1 point de pourcentage. La hausse de septembre, de 0,8%, est calculée à partir de ce niveau d'août actualisé. Les données montrent donc une croissance qui se poursuit à un rythme mensuel inférieur à celui d'août révisé, et non une baisse des ventes. Il faudra plusieurs observations supplémentaires pour conclure à un ralentissement durable.1

Sur une période plus large, le total de juillet à septembre dépasse de 5,5% celui des trois mêmes mois de 2025, avec une marge d'erreur de ±0,5 point de pourcentage. Cette comparaison annuelle de sommes trimestrielles et la hausse de septembre de 6,3% portent sur des fenêtres différentes et doivent être lues séparément. Toutes deux mesurent les ventes nominales, plutôt qu'une consommation corrigée des prix.1

Le communiqué rappelle également que les séries mensuelles ont été révisées le 28 septembre, à partir de corrections historiques et des résultats de l'enquête économique annuelle intégrée de 2023 et 2024. Cette mise à jour des références annuelles et la révision d'août dans le présent rapport constituent deux niveaux distincts d'ajustement. Pour les budgets et l'étude des tendances, il importe de conserver la version des données utilisée et de réexaminer les comparaisons à réception d'une nouvelle série, plutôt que de considérer les chiffres d'un ancien communiqué comme définitifs.1

Le signal de 0,8% est plus net que certaines petites variations

À partir de la marge publiée, l'intervalle de confiance approximatif à 90% de l'évolution mensuelle totale va de +0,4% à +1,2% et exclut zéro. En revanche, le graphique d'ouverture du communiqué marque d'un astérisque les +0,2% hors automobile et stations-service. Leur intervalle à 90% contient zéro : les éléments issus de l'échantillon ne suffisent pas à conclure que la variation de la population étudiée diffère de zéro. Cette variation sous-jacente désigne la grandeur statistique recherchée, et non une croissance corrigée de l'inflation.1

Les deux constats sont compatibles : l'augmentation du montant total des ventes est relativement bien étayée, tandis que la petite hausse de l'agrégat plus étroit ne satisfait pas au même critère statistique. Un intervalle contenant zéro ne prouve ni l'absence de croissance ni une baisse certaine.

L'échantillonnage n'est pas la seule source d'erreur. Le rapport mentionne aussi les non-réponses, une couverture incomplète des entreprises, ainsi que les erreurs d'enregistrement, de codage et de traitement. Ces risques ne sont pas tous englobés dans la marge globale de ±0,4 point. Celle-ci ne définit pas non plus les bornes entre lesquelles le chiffre d'affaires d'une entreprise particulière devrait évoluer.1

Pourquoi les premières estimations changent et comment les entreprises peuvent les utiliser

L'enquête rapide sélectionne environ 4800 entreprises employeuses du commerce de détail et de la restauration dans l'échantillon plus large de l'enquête mensuelle. Pour chaque secteur détaillé, les statisticiens calculent un ratio à partir des ventes pondérées des entreprises ayant fourni une réponse exploitable pour le mois courant et le précédent. Ce ratio est appliqué à l'estimation préliminaire du mois précédent issue du plus grand échantillon, puis les secteurs détaillés sont agrégés. Les valeurs de la plupart des non-répondants ne sont pas imputées individuellement à ce stade ; celles d'un nombre limité d'entreprises particulièrement influentes peuvent être estimées d'après leurs résultats passés.1

Cette méthode permet une publication précoce et explique pourquoi des informations ultérieures peuvent modifier le résultat. Pour préparer leurs achats, les entreprises devraient confronter les estimations sectorielles à leurs commandes, à leur fréquentation, à leurs prix et à la rotation de leurs stocks. Si le chiffre d'affaires augmente surtout grâce au prix unitaire, sans hausse des volumes, accroître les stocks physiques au même rythme que les ventes nominales peut créer des invendus. Si les quantités progressent durablement dans plusieurs circuits, le réapprovisionnement repose sur des bases plus solides. Il s'agit d'une analyse conditionnelle des mécanismes commerciaux, pas d'un constat d'accumulation des stocks dans le rapport.

L'évolution des bénéfices de la restauration demande aussi des informations sur les coûts ; le pouvoir d'achat des ménages et les conditions de financement nécessitent respectivement des données sur les revenus et le crédit. Leur rapprochement avec les statistiques sectorielles nationales et les comptes d'exploitation aide à apprécier la durabilité de la croissance des ventes.

Le prochain rapport devra montrer si la croissance s'étend

Selon le calendrier annoncé, les estimations avancées d'octobre seront publiées le 17 novembre à 8 h 30, heure normale de l'Est des États-Unis. Les vérifications utiles porteront sur les révisions des catégories de septembre, la persistance de la croissance hors stations-service, une éventuelle confirmation statistique plus nette de la progression hors automobile et stations-service, ainsi que la cohérence des prix et des quantités avec une augmentation de l'activité d'achat.1

Septembre apporte déjà une conclusion claire mais limitée : les ventes nominales du commerce de détail et de la restauration américains continuent d'augmenter, et les stations-service représentent l'essentiel du gain mensuel en dollars. La résistance d'une demande plus large doit encore être éprouvée par les agrégats excluant certains secteurs, les révisions ultérieures et des informations sur les prix correctement appariées.

Notes et sources

  1. 15 octobre 2026, 8 h 30, heure avancée de l'Est des États-Unis · « Estimations avancées des ventes mensuelles du commerce de détail et de la restauration, septembre 2026 » (titre original : Advance Monthly Sales for Retail and Food Services, September 2026), CB26-165, tableaux 1 à 3 et notes méthodologiques · Bureau du recensement des États-Unis. Ce lien mène au rapport courant ; la version citée est celle publiée le 15 octobre 2026 · Copie conservée du PDF original de septembre 2026. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8 ↩9 ↩10 ↩11 ↩12 ↩13 ↩14 ↩15 ↩16

  2. Consulté le 17 octobre 2026 · « Commerce de détail mensuel : définitions » (titre original : Monthly Retail Trade — Definitions), rubriques sur les ventes, les montants en dollars et le type d'activité · Bureau du recensement des États-Unis. ↩ ↩2 ↩3