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VAROPreem : pourquoi l’économie des carburants et le bilan carbone exigent des tests distincts

Les investissements dans les carburants renouvelables doivent conjuguer production fiable, compatibilité avec les usages et réductions d’émissions vérifiables.

Par Global Bole News

Recherche et synthèse

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Sommaire

VAROPreem vise un EBITDA 2030 supérieur au double de 2025 selon des hypothèses de milieu de cycle.1

La question pratique est de savoir comment un producteur de carburants transforme un investissement industriel en bénéfices durables tout en réduisant son empreinte environnementale. Ces deux critères sont liés, mais ne sont pas interchangeables. Une usine peut fabriquer un carburant techniquement adapté sans dégager une marge suffisante ; un produit rentable ne procure pas automatiquement la même réduction d’émissions quel que soit son procédé de fabrication.

Photo d’archives de la raffinerie de Cressier, de ses réservoirs et de bâtiments voisins en Suisse, le 30 avril 2023

Photo d’archives : raffinerie de Cressier, Suisse, le 30 avril 2023. « Cressier NE - Raffinerie », photographie de Hadi. Source : Wikimedia Commons ; dédiée au domaine public sous CC0 1.0.

Une raffinerie existante est un point de départ, pas une transition achevée

À Cressier, VAROPreem prévoit de cotraiter environ 40 000 tonnes annuelles de matières premières renouvelables dès 2027.2

Pour comprendre l’intérêt des équipements de raffinage existants, il faut examiner la chimie du procédé. L’Alternative Fuels Data Center du département américain de l’Énergie explique que le diesel renouvelable est généralement un carburant hydrocarboné produit à partir de matières grasses et d’huiles. Une voie commerciale, l’hydrotraitement, fait réagir ces matières avec de l’hydrogène, à température et pression élevées, en présence d’un catalyseur. Elle appartient à une famille de procédés déjà familière au raffinage pétrolier.3

Cette proximité aide à comprendre l’attrait industriel de l’adaptation d’actifs existants. Elle ne prouve pas qu’une conversion particulière soit peu coûteuse, immédiate ou sans contrainte technique. Chaque projet doit encore documenter les performances des équipements, le traitement des matières premières, l’approvisionnement en hydrogène et les coûts d’exploitation. La description générique de la technologie apporte un éclairage, mais ne valide ni la conception technique de Cressier ni son calendrier de mise en service.

La compatibilité repose sur une norme, pas seulement sur une étiquette

Diesel renouvelable et biodiesel ne sont pas synonymes. Le département de l’Énergie distingue le diesel renouvelable hydrocarboné du biodiesel, constitué d’esters monoalkyliques obtenus par transestérification. Cette différence compte pour les spécifications et les mélanges, pas uniquement pour les appellations commerciales.3

Le même document explique que le diesel renouvelable satisfait à la norme américaine ASTM D975 et à la norme européenne EN15940 relative aux diesels paraffiniques, mais pas à l’exigence de densité minimale de la norme européenne EN590 applicable au diesel conventionnel. Affirmer qu’un carburant est chimiquement similaire au diesel pétrolier ne dispense donc pas de vérifier les normes et les exigences des véhicules sur son marché d’utilisation.

Pour un acheteur industriel, plusieurs questions se succèdent : quel produit est livré exactement, à quelle norme répond-il et quels documents l’accompagnent ? Pour le producteur, disposer d’une capacité de fabrication et proposer un produit commercialement utilisable constituent deux étapes distinctes. La régularité de la qualité et les conditions d’accès au marché font partie du dossier d’investissement ; ce ne sont pas des détails administratifs à traiter après les travaux.

Le bilan carbone dépend de toute la chaîne de production

L’Energy Information Administration américaine rappelle que la combustion des biocarburants émet toujours du dioxyde de carbone. L’effet net dépend de leur fabrication et du traitement des émissions liées à la culture des matières premières. La chaleur nécessaire à la production peut mobiliser des énergies fossiles ; l’hydrogène issu de combustibles fossiles peut lui aussi accroître l’intensité carbone des carburants obtenus par hydrogénation de lipides.4

L’EIA explique également pourquoi les huiles de cuisson usagées, les graisses animales et les déchets graisseux peuvent présenter un profil d’émissions différent de celui des huiles végétales vierges : ces matières ont déjà servi à un autre usage avant de devenir des intrants énergétiques. Leur origine et le périmètre du calcul sont donc importants. Un résultat favorable pour une filière ne peut être attribué sans examen à tous les produits portant une étiquette renouvelable.

L’analyse éditoriale qui en découle est simple : investisseurs et clients doivent distinguer capacité de production et performance carbone vérifiée. Les éléments utiles préciseraient les matières premières, les sources d’énergie et d’hydrogène du procédé, le carburant de référence et le périmètre comptable. Il ne s’agit pas d’accuser un producteur d’avoir présenté des résultats inexacts, mais de préciser les preuves nécessaires pour étayer une allégation environnementale.

Résultats, trésorerie et émissions se mesurent séparément

L’EBITDA désigne le résultat avant intérêts, impôts, dépréciations et amortissements. Il ne mesure pas la trésorerie disponible après les dépenses d’investissement et de financement. De même, une hypothèse de milieu de cycle est une convention de modélisation, non la promesse de conditions de marché favorables l’année visée. Évaluer un plan exige donc davantage que de comparer un résultat futur à un chiffre historique.

Le critère opérationnel est la fiabilité des équipements et la marge permise par le coût des intrants. Le critère financier est la possibilité de convertir cette performance en trésorerie malgré les besoins d’investissement et de financement. Le critère environnemental est la capacité de la filière réelle à justifier le bénéfice annoncé sur le cycle de vie. Le département de l’Énergie cite les matières premières et les coûts de production parmi les obstacles au changement d’échelle du diesel renouvelable, ce qui invite à examiner toute la chaîne, plutôt que la seule capacité.3

Au fil des projets, les éléments à suivre seront la mise en service et l’utilisation des installations, la qualité documentée des produits, l’origine des matières premières et de l’hydrogène, ainsi que le rapport entre investissements et rendement opérationnel. Réussir un test ne signifie pas réussir les autres. La valeur d’une stratégie de transition apparaîtra dans ces résultats concrets, et non dans la seule qualification de renouvelable.

Notes et sources

  1. 2026-10-23 · VAROPreem sets out Value Growth Strategy to 2030 driving the next phase of growth · VAROPreem. ↩

  2. 2026-10-06 · VAROPreem marks 60 years of Cressier manufacturing hub at the heart of Switzerland’s energy system · VAROPreem. ↩

  3. Date de publication non indiquée ; consultation le 2026-10-25 · Renewable Diesel · Département américain de l’Énergie, Alternative Fuels Data Center. Informations techniques gouvernementales réutilisées selon la politique de domaine public du département. Traduction et adaptation : Global Bole News. ↩ ↩2 ↩3

  4. Date de publication non indiquée ; consultation le 2026-10-25 · Biofuels and the environment · U.S. Energy Information Administration. Informations de contexte dans le domaine public selon la politique Copyrights and Reuse de l’EIA ; sélection, traduction, adaptation et analyse éditoriale : Global Bole News. ↩