Économie / 15 oct. 2026 / 7 min de lecture

Chine : les prix à la production augmentent de 5 % en septembre, contre 0,9 % à la consommation

En septembre, les prix à la sortie des usines chinoises ont augmenté de 5,0 % sur un an, contre 0,9 % pour les prix à la consommation. L’énergie, les métaux et la chimie renchérissent, tandis que des secteurs comme l’automobile baissent leurs prix. Des paniers différents ne mesurent pas directement la variation des marges.

Par Global Bole News

Recherche et synthèse documentaire

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Sommaire

Les chiffres de septembre révèlent de forts écarts entre les secteurs en Chine. Selon les données publiées le 14 octobre sur le site du Bureau national des statistiques, ou NBS (stats.gov.cn), les prix à la sortie des usines, mesurés par l’indice PPI, ont augmenté de 5,0 % sur un an, contre 0,9 % pour les prix à la consommation, mesurés par le CPI. L’énergie, les métaux et les matières premières chimiques ont nettement renchéri, mais certains produits industriels ont continué à baisser et la progression du panier de consommation des ménages a été bien plus modérée. 12

Par rapport à août, le PPI a augmenté de 1,2 % et le CPI de 0,2 %. Les prix d’achat des entreprises industrielles ont progressé de 6,9 % sur un an et de 1,2 % sur un mois. Le CPI sous-jacent, hors alimentation et énergie, a gagné 1,0 % sur un an et est resté stable sur un mois. La comparaison annuelle porte sur septembre 2025, la comparaison mensuelle sur août 2026. Elles répondent à des questions différentes : une forte hausse annuelle ne représente pas le surcoût apparu pendant le seul mois de septembre. 12

Photographie d’archives : supermarché Nong Gong Shang, Shanghai, 8 janvier 2014, photographié par Livelikerw

Photographie d’archives : Shanghai, 8 janvier 2014. Photographe : Livelikerw ; œuvre : Nong Gong Shang Supermarket in Huangpu Shanghai, Wikimedia Commons ; licence CC BY-SA 3.0.

Une forte hausse en amont ne concerne pas tous les produits industriels

Au sein du PPI, les prix des biens destinés à la production ont augmenté de 6,5 % sur un an, apportant environ 5,07 points de pourcentage à la variation globale. Ceux des biens de consommation à la sortie des usines ont baissé de 0,1 %, retranchant environ 0,03 point. Parmi les biens destinés à la production, les prix des industries extractives ont augmenté de 25,4 %, ceux des matières premières de 9,4 % et ceux des activités de transformation de 3,4 %. Cette décomposition montre que la hausse globale de 5,0 % vient surtout de l’amont et des produits utilisés dans la production. Elle ne signifie pas que toutes les usines ont relevé leurs prix dans les mêmes proportions. 1

Les intrants achetés ont eux aussi évolué différemment. Les prix des matériaux en métaux non ferreux et des fils ont augmenté de 20,0 % sur un an, ceux des combustibles et de l’énergie de 13,6 %, et ceux des matières premières chimiques de 12,6 %. Leurs hausses mensuelles ont atteint respectivement 1,4 %, 3,7 % et 2,4 %. La catégorie affichant la plus forte hausse annuelle n’était donc pas celle qui augmentait le plus vite pendant le mois. Pour les prochains réapprovisionnements, la variation mensuelle des combustibles et de l’énergie et la variation annuelle des métaux sont toutes deux pertinentes, mais doivent être interprétées séparément. 1

La moyenne des ménages masque des dépenses aux évolutions opposées

Dans le CPI, les prix alimentaires ont baissé de 1,7 % sur un an et ceux des services ont augmenté de 0,8 %. Par rapport à août, en revanche, l’alimentation a augmenté de 0,4 % et les services ont baissé de 0,2 %. Des aliments moins chers sur un an mais plus chers sur un mois ne constituent pas une contradiction : les périodes de référence diffèrent. Un prix inférieur à celui d’il y a un an ne garantit pas que le même achat coûte moins cher ce mois-ci que le mois précédent. 2

Les transports et les communications présentent également des écarts. L’énergie utilisée par les véhicules a augmenté de 14,9 % sur un an et de 4,5 % sur un mois ; les voitures particulières ont baissé de 1,7 % sur un an et de 0,3 % sur un mois ; les appareils de communication ont augmenté de 14,3 % et de 3,6 %, respectivement. L’énergie pour les transports est une catégorie statistique : sa variation ne doit pas être présentée comme celle du seul prix de l’essence. De même, l’évolution des appareils de communication ne décrit pas tous les produits électroniques. 2

Un ménage se rendant souvent au travail en voiture, un autre achetant une voiture et un troisième consacrant une large part de son budget à l’alimentation peuvent donc ressentir des variations différentes. Tout dépend des produits, des quantités et du moment des achats. Cela ne signifie pas que chaque ménage subit nécessairement une hausse de ses dépenses de 0,9 %. Le CPI mesure les prix ; acheter davantage ou moins de produits n’est pas, en soi, une variation de prix.

Prix de sortie d’usine, d’achat et de consommation : des paniers distincts

La méthodologie du NBS définit le PPI comme l’évolution du prix des produits industriels à leur première vente, à la sortie de l’usine. L’indice des prix d’achat mesure les prix payés par les entreprises industrielles pour leurs consommations intermédiaires. Le CPI couvre les biens et services achetés par les ménages. Après la vente en sortie d’usine peuvent intervenir le transport, le commerce de gros et la distribution, tandis que de nombreux services aux ménages n’ont pas d’équivalent direct parmi les produits industriels. L’écart entre PPI et CPI ne constitue donc pas un taux de répercussion des coûts immédiatement utilisable. 12

Le champ des enquêtes souligne cette différence. Le CPI couvre huit grandes catégories et 268 rubriques de base, avec des prix relevés dans près de 120 000 points répartis dans environ 500 villes et districts. L’enquête sur les prix de sortie d’usine couvre 41 grandes divisions industrielles et plus de 1 300 rubriques de produits ; celle sur les prix d’achat porte sur neuf grandes catégories et plus de 800 rubriques. La collecte des prix industriels concerne plus de 40 000 entreprises. Il s’agit d’ensembles statistiques larges et pondérés, pas des factures d’achat et de vente d’une seule entreprise. 12

Depuis janvier 2026, les deux indices utilisent une base 2025, avec des modifications des classifications, des échantillons et des pondérations. Le NBS estime que ce changement de base affecte en moyenne les indices mensuels en glissement annuel d’environ 0,06 point de pourcentage pour le CPI et de 0,08 point pour le PPI. Ces effets moyens ne sont pas des corrections à soustraire mécaniquement aux taux de septembre pour calculer une prétendue inflation « réelle ». 12

L’effet sur les bénéfices dépend de chaque entreprise

Les prix de sortie d’usine par secteur donnent des indications plus précises que l’indice global. En septembre, ceux de la construction automobile ont baissé de 2,0 % sur un an, alors que ceux de la fabrication d’ordinateurs, d’équipements de communication et d’autres équipements électroniques ont augmenté de 5,8 %. Les prix de la production et de la fourniture d’électricité et de chaleur ont reculé de 3,9 %, et ceux des produits minéraux non métalliques de 2,5 %. Les hausses en amont ne se sont manifestement pas transmises uniformément à toutes les industries en aval. Même une moyenne sectorielle ne peut être assimilée au prix effectivement pratiqué par chacune des entreprises concernées. 1

Une hausse de 6,9 % des prix d’achat et de 5,0 % des prix de sortie d’usine ne signifie pas que les marges ont baissé d’un montant égal à leur différence. Les produits et les pondérations diffèrent, et les indices ne rapprochent pas, transaction par transaction, les intrants et les ventes d’une entreprise donnée. Un fabricant utilisant beaucoup de métaux et d’énergie, mais ne pouvant pas ajuster rapidement ses prix de vente, pourrait subir une pression si les hausses persistent. Des contrats indexés, des stocks achetés plus tôt ou des gains de productivité pourraient toutefois modifier ce résultat.

De même, un fournisseur en amont ne voit pas automatiquement ses bénéfices augmenter lorsque ses prix de vente progressent. Les achats, les volumes produits, les salaires, les frais de financement et la gamme de produits influencent tous les résultats. Pour vérifier si les coûts compriment les bénéfices, il faut examiner les prix et coûts unitaires, la marge brute, la rotation des stocks et les flux de trésorerie des entreprises, ainsi que les volumes vendus. Les indices de prix seuls ne permettent pas de savoir si le chiffre d’affaires augmente grâce à des prix plus élevés ou à davantage de livraisons.

Les achats dépendent des coûts réellement supportés et de leur répercussion

Pour les services achats, le rapport sert surtout à repérer les postes à vérifier : quelles évolutions correspondent à leurs propres intrants, à quelle fréquence les contrats sont révisés et si les devis des fournisseurs ont déjà changé. Constituer de gros stocks uniquement parce que l’indice global augmente peut immobiliser du fonds de roulement et entraîner des pertes si les prix baissent ensuite. Avancer les achats reste une décision liée aux commandes, aux calendriers de livraison et à la capacité financière.

Les prochaines preuves utiles seront la poursuite éventuelle des hausses sectorielles, la capacité des entreprises à augmenter leurs prix sans perdre sensiblement de volumes, et la cohérence entre coûts, bénéfices et trésorerie publiés. Les données de septembre établissent une divergence entre les prix en amont et ceux payés par les ménages et invitent certains fabricants à surveiller la répercussion des coûts. Elles ne démontrent pas encore un redressement général des bénéfices industriels, un renforcement généralisé de la demande des ménages ou une orientation inévitable des politiques économiques à venir.

Notes et sources

  1. 14 octobre 2026, 09 h 30, heure de Pékin · « Prix à la production industrielle en septembre 2026 : hausse de 5,0 % sur un an et de 1,2 % sur un mois » (titre original: 2026年9月份工业生产者出厂价格同比上涨5.0% 环比上涨1.2%) · Site du Bureau national des statistiques (stats.gov.cn), avec tableaux sectoriels et méthodologie. Données et définitions reformulées et traduites ; analyse de la rédaction. Réutilisation pour une information publique gratuite selon les conditions d’utilisation du NBS. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7 ↩8

  2. 14 octobre 2026, 09 h 30, heure de Pékin · « Les prix à la consommation ont augmenté de 0,9 % sur un an en septembre 2026 » (titre original: 2026年9月份居民消费价格同比上涨0.9%) · Site du Bureau national des statistiques (stats.gov.cn), avec tableaux par catégorie et méthodologie ; données et définitions reformulées et traduites selon les mêmes conditions. ↩ ↩2 ↩3 ↩4 ↩5 ↩6 ↩7